|
Anecdote proposée par Marco le 6
juillet 2005
Vue sur le forum du site
http://www.viaferrata-fr.net/
Et n'oubliez plus de vérifier votre harnachement avant
de démarrer une escalade...
Voilà l'article du Dauphiné Libéré (5 mai) donnant les circonstances
incroyable de cet accident, heureusement sans conséquences graves....
"Eliane, 71 Ans, miraculée bon pied bon oeil"
Pendu par les pieds à 200 mètres du sol dans la via ferrata de Saint Pierre
D’Entremont (Savoie), cette très sportive retraitée a été sauvée lundi par
son fils Serge et par la CRS des Alpes: « Ce qui m’est arrive est tout
simplement incroyable ». Témoignages croisés de la maman et du fiston…
« Quand le sauveteur est arrive en rappel à ma hauteur il a dit ; holàlà! Ne
bougez surtout pas! ». Deux jours après son invraisemblable aventure dans la
via ferrata de St Pierre D’Entremont, Eliane ne cesse de penser à cet
instant. Ces quelques secondes pendant lesquelles tout s’est joué, ces
moments où la vie lui a été rendu comme par miracle. Pensez ! Suspendue par
les pieds à son cuissard relié par une longe à une broche de métal scellée
dans la paroi, elle commençait à trouver le temps long, Eliane, la tête en
bas, à 200 mètres du sol ! Mais cette dame, qui affiche ses 71 ans avec un
insolence de montagnarde, a tenu bon jusqu’au bout. Et aujourd’hui dans son
appartement d’Entremont le Vieux, elle raconte volontiers sa mésaventure,
son fils Serge à ses côtés.
« Nous avons commis une erreur de jugement, nous n’avons pas été
raisonnables », confesse le fiston, 51 ans, qui avoue être à l’origine de
cette rocambolesque grimpette. C’est lui qui a poussé sa mère à parcourir
jusqu’au sommet la via ferrata bien que la partie supérieure de cet
itinéraire soit surplombant. « Que voulez vous ! Je l’ai aussi suivi là-haut
parce que je voulais veiller sur lui », rétorque-t-elle en rigolant…
Il faut dire en tout objectivité qu’Eliane Derivaux n’a pas froid aux yeux.
Il y a une dizaine d’années, l’heure de la retraite venue, lassée de
parcourir plusieurs fois par an les centaines de kilomètres qui séparent
Bourges des Alpes, elle est venue s’installer en Savoie. Pour profiter de la
montagne, bien sûr. Et ces dernières années, bon pied bon œil, elle a
parcouru tous les sentiers environnants. « Franchement, il est parfois
difficile de la suivre, dit Serge. Tenez, il y a quelque temps, nous avons
même fait le tour de la Chartreuse » ! Constatant que la motivation de sa
mère ne faiblissait pas, Serge a eu un sacrément belle idée de cadeau pour
ses soixante-dix ans : il lui a offert l’équipement du parfait grimpeur de
via ferrata.
Voilà comment, l’été dernier Eliane et son fils ont parcouru plusieurs
itinéraires, escaladant même la première partie de la fameuse via ferrata de
Saint Pierre D’Entremont. Lundi 2 mai, jour de beau temps : Serge et sa mère
attaquent la voie, fermement décidés, cette fois, à déboucher au sommet.
Mais à une cinquantaine de mètres de la cime, les ennuis ont commencés : «
J’ai passé toute mon énergie à passer le premier dévers. Dans le deuxième
surplomb, j’ai senti mes forces m’abandonner. Je n’ai pas pu attraper l’une
des échelles. Et je suis tombée », raconte Eliane.
Retenue par la sangle, Eliane a alors été secourue par son fils : « Je lui a
tendue une longe pour la ramener jusqu'à moi, mais à cet instant , elle a
basculé en arrière. Nous avions mal ajusté son baudrier et il a glissé. J’ai
tenté de l’attraper avec ma ceinture, mais ça n’a pas marché ». Par un
miraculeux concours de circonstances, le baudrier s’est alors emberlificoté
autour des pieds d’Eliane, la retenant pendue dans le vide, tête en bas.
« Jamais encore nous n’avions vue une chose pareille », témoignera plus tard
un secouriste de la CRS des Alpes basé à Grenoble. A ce moment la situation
était désespérée. « J’ai essayé de prévenir les secours à l’aide de mon
téléphone portable, mais la communication ne passait pas », dit Serge. « Le
plus curieux, c’est que je n’ai pas vraiment réalisé à quel point j’étais en
danger », répond sa mère. « En fait, j’avais tellement mal aux pieds que
j’ai demandé à mon fils de me retirer mes chaussures ! ». Serge, lui, a
rapidement compris qu’il fallait redescendre la via ferrata pour donner
l’alerte. « En bas, j’ai rencontré un gars qui est parvenu à appeler les
secours per téléphone portable. En suite, je suis remonté auprès de ma mère
».
Voilà donc plus d’une heure qu’Eliane pend sous son surplomb ! Avec un mal
de pieds pas croyable ! Ce bourdonnement sourd qui s’approche et s’amplifie,
c’est celui de l’Alouette 3 de la Sécurité civile basée au Versoud. A son
bord, une équipe de la CRS des Alpes. « L’hélicoptère a posé les secouristes
au sommet de la voie. Il y a eu un grand courant d’air, des feuilles et des
herbes ont volé. Et puis un policier est venu jusqu'à moi en rappel. Je peux
vous dire que j’ai éprouvé un fameux soulagement. J’avais si mal aux pieds !
», dit-elle. Le secouriste a rapidement passé une sangle dans le dos
d’Eliane, puis l’a solidement assurée à une broche. « Ensuite, un second
sauveteur est venu ; il a réalisé un cacolet (système de harnachement) et,
ma mère sur le dos, il s’est fait hisser par les gars qui étaient au sommet
», explique encore Serge, évacué à son tour quelques minutes plus tard. « Au
sommet, je les ai remerciés. Ils nous ont déposés dans la vallée et m’ont
conseillé d’aller voir un médecin, mais que voulez-vous, je souffre
seulement de quelques bleus, dit Eliane en montrant ses poignets, comme pour
s’excuser. Et d’ajouter : « C’est sûr, je retournerai gravir des via ferrata
avec mes enfants et mes petits enfants. Mais quand j’aurai moins mal aux
bras ! »
Vos réponses à ce texte |